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22 janvier 2006

Super Session (1968) - Mike Bloomfield/AL Kooper/ Stephen Stills

En 1968, Al Kooper, artiste multi-talents (Guitariste, Clavieriste, Chanteur, Producteur), est nommé productesuper_sessions_kooperur chez Columbia Records. A partir de là son objectif premier est de trouver quoi produire.

C’est donc tout naturellement qu’il se tourne vers son collègue et ami Mike Bloomfield (1943-1981)

Musicien américain, guitariste et compositeur. En fait, pour être tout à fait honnête, la seule raison qui me pousse à écrire cet article, hormis le fait que « Super Session » est un des TRES grands disques de l’histoire du Rock, c’est que je voulais rendre justice à Michael Bloomfield dont on ne parle pas assez, alors qu’on parle tout le temps des autres (au demeurant très bon) E Clapton, J Hendrix, J Beck, J Page et consort.

super_sessions_bloomfieldDonc, Mike Bloomfield (1943-1981), est né à Chicago dans une famille bourgeoise, enfant, très timide, solitaire, il se tourne vers l’écoute des radios qui diffusent la musique du sud, il arrive à les capter la nuit, il a donc accès à la culture R&B, et blues, qui jetteront les bases de son jeu.

Il reçoit sa première guitare pour sa “bar mitzvah” et va rapidement écouter du blues electrique dans les clubs du South Side. Le jeune homme grimpe parfois sur scène pour apprendre lors des jams after hour les nouveaux plans et licks qui feront de lui un très grands guitaristes. En 1958 ses parents l’envoie sur la côte est en école privé pour essayer de redresser la barre au niveau des études et de lui éviter la maison de redressement (Chicago school for troubled youth).

Il tombe dans la culture beatnick, fréquente les campus des universités (pas les amphis), et fini par diriger un club dans lequel il programme des vétéran du blues acoustique, entre temps il joue de la guitare comme “session man” sur les scènes de Chicago, à droite et à gauche avec divers groupes locaux.

Il travaille notament avec Bob Dylan sur les sessions "dexploration" de la phase "electric Dylan" . Le son de Bloomfield EST le son de DYLAN tel qu'on l'entend sur "Highway 61 Revisited". Son style est au croisement du folk, du blues et du rock.

C’est en 1964 que Bloomfield est véritablement découvert à travers son travail en studio par le légendaire John Hammond, qui le signe sur CBS; de nombreux enregistrements ont lieux et ne voient jamais le jour, car le label ne sait pas comment « marketer » ce qui semble être la première forme de « White American blues ». Début 1965, Bloomfield rejoins le “Paul Butterfield Blues Band”, le premier groupe blues inter-raciale qui semble continuer la tradition tout en apportant la composante rock qui annonce dans le désordre : cream, Hendrix, Johnny Winter, etc…

Les début du groupe font sensations dans la communauté blues et introduise à un public majoritairement blanc cette nouvelle version du Blues. Il joue avec Paul Butterfield de 1964 à 1966.

Puis il fondent le groupe “Electric Flag” en 1967 avec son pote Nick Gravenites au chant et co-écrit avec lui. Le line-up est le suivant :

e_flagMike Bloomfield, guit.

Nick Gravenites, voc.

Buddy Miles, drums

Barry Goldberg, key.

Harvey Brooks, bass

Peter Strazza, horn

Marcus Doubleday, horn

Herbie Rich, guit.

Roger Troy, bass

The Electric Flag” est créé pour rebondir sur les innovations de l’album “East-West” (le deuxième LP du “Paul Butterfield Blues Band” qui contient des influences modales et reggae dans les improvisations.

Beaucoup l’ont oublié mais Michael Bloomfield a été considéré comme le Jimmy Hendrix blanc.

The Electric Flag” débute sa carrière scénique en 1967 au « Monterey Pop Festival » et enregistre son premier album « A Long Time Comin' » en 1968.a_long_time_comin Les critiques sont très bonnes et acclament le nouveau son. Malheureusement, le groupe est déja en pleine désintégration, rivalités entre les membres, absence de management, abus de drogues (surtout héroïnes) ont raisons du groupe. Bloomfield quitte le groupe avant même que le disque ne sorte. Vous pouvez achetez cet Album il est très bon.

En 1968, Il fît grosse impression avec Al Kooper (la boucle est bouclée) sur l’album Super Session. Il avait rencontré Al Kooper sur l’enregistrement du l’album de Dylan. L’enregistrement se déroula comme une jam session.
super_sessions

Le premier jour, en neuf heures de studio, le duo enregistra :: "Albert's Shuffle", "His Holy Modal Majesty" et "Really" (écrites par Bloomfield), "Stop" (Howard Tate), et le"Man's Temptation" de Curtis Mayfield. C’est un veritable feu d’artifice, "Albert's Shuffle" est un blues torride, hommage à Albert king, on le trouve en deux versions sur le disque (Super Session [EXTRA TRACKS] [ORIGINAL RECORDING REMASTERED] réédition du label « Sony Legacy ») la version originale et une version avec une section cuivre.

« Stop » est un blues shuffle ou bloomfield laisse éclater toute la mesure de son jeu, Really est un blues très lent ou le jeu de bloomfield démarre comme du BB King, puis de plus en plus inspiré tend vers un jeu hystérique digne des meilleurs solos de Warren Haynes.

Le seul morceaux sur lequel j’émets des réserves est "His Holy Modal Majesty" qui bien que ceflag3omposé par Bloomfield laisse la part trop belle aux envolées de l’orgue de Kooper qui finnissent par être très chiantes, limite prise de tête. Les pistes 6 à 9 (It Takes A Lot To Laugh, It Takes A Train To Cry (Dylan), Season Of The Witch (leitch), You Don't Love Me (Willie Cobbs), Harvey's Tune(Harvey Brooks)) n’ont que peu d’intérêt, Bloomfield ira jusqu’à renier Season of the witch. Cette seconde partie surtout prise en charge par Stephen Stills est nettement plus pop et moins inspirée. Sur la très belle réédition du label « Sony Legacy » les plages 10-11-12-13 sont des bonus de très hautes tenus.

Le disque fût un tel success qu’il donna lieu à une suite : “The Live Adventures of Mike Bloomfield and Al Kooper”, Qui fût enregistré en trois shows au “Fillmore West” en 1968 et sorti sur le marché l’année suivante.On y découvre Mike Bloomfield chantant pour la première fois. Il continua de façon chaotique sa carrière solo de 1969 à 1981.

eflag6Pendant les seventies, il enregistra pour divers petit label, beaucoup de materiel accoustique.

Le 15 février 1981 Bloomfield fut retrouvé mort à San Francisco. L’autopsie confirma une overdose.

Pionnier du white American, il en était réduit à enregistrer des musiques pour film pornographique.

Robben Ford lui a rendu un hommage dans l’excellent : IN MEMORY OF MICHAEL BLOOMFIELD.

Posté par pentaminor à 14:08 - CD & MUSIC - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

commentaire

sur la photo tout en haut, le mec là, Al Kooper, on dirait bien que c'est lui KIAPÉTÉ

Posté par hortz wiznô-nhem, 24 janvier 2006 à 10:00

Steve ou Stephen ?

Sympa ton article sur Mike, mais ote moi d'un doute: j'ai toujours cru que Steve STILLS n'avait rien à voir avec Stephen ( de Crosby Stills Nash & Young )?

A part ça moi j'aime bien Al Kooper, écoute le dans le BLUES PROJECT ou bien avec BLOOD SWEAT & TEARS ( le premier )

J'ai vu tout ce que tu écoutes, impressionnant, mais je pense qu'il te manque encore quelques groupes, si tu cliques sur mon "cv" tu verra quoi ! Bonnes écoutes et continue tes articles !

Posté par Rove68, 28 janvier 2006 à 18:24

Confirmation

Stephen stills et Steve stills ne sont bien qu'une et même personne, à savoir l'ex-mari de véronique Sanson et accessoirement le stills de "Crosby, stills, nash (and young)" ou l'inverse....

Posté par pentaminor, 28 janvier 2006 à 23:01

Exact

Oui c'est vrai qu'on reconnait son profil, finalement on sait plus trop qui joue et à quel moment entre lui et Mike...

Posté par rove68, 06 février 2006 à 22:47

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